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"Et plus tard, ils diront : "j'y étais", et cela seul fera d'eux des héros..." |
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La première bataille du Chêne
Torve : "Nous étions quelques-uns à être venus
des Plaines d'En-Dessous, mais la majeure partie de l'armée était
constituée des Disciples Telluriques de l'Académie du grand Mystique de
notre peuple, Magnus lui-même. Magnus, contacté à propos de la présence de troupes d'Achéron dans la zone, avait entrepris je ne sais quelle sorte de divination à ce propos ; il "écoutait les chants de la terre et les sons qui se répercutent le long des roches", m'a-t-il dit par la suite... Toujours est-il que je reçu son hibou un beau
soir de printemps, portant un message attaché à la patte :
"rends-toi immédiatement à la Sinistre, je t'y rejoindrai avec mes
disciples... Prépare-toi à combattre Achéron, emmène tes Nains avec
toi." Néanmoins, je rassemblai ceux que je pus
trouver, et partis à la nuit tombée à la tête d'une quinzaine de mes
Nains. Trois jours de voyage nous amenèrent en vue de la Sinistre. Nous
rencontrâmes là Magnus le Mystique, escorté de Bal-Torg l'Ancien,
Précepteur du Collège Tellurique dans le domaine de l'Alchimie, ainsi
que de deux thermo-prêtres frais émoulus de l'Académie des Forges. Je finis par lui demander ce que ses
connaissances ésotériques lui avaient révélé, et je me souviens mot
à mot de sa triste réponse : Ces mots prononcés, Magnus se détourna. Derrière lui, Bal-Torg comptait ses fioles d'un air absorbé : le vieil alchimiste non plus ne voulait pas m'avouer qu'il était bien conscient que les magiciens Nains ne pouvaient espérer contrer très longtemps l'influence libératrice que les Ténèbres apporteraient au Grand Crâne, via les bons soins des magiciens morts-vivants... C'est alors que Pilgrim revint pour me
signaler l'approche d'une troupe d'Achéron. Je n'avais pas encore eu le
temps de penser à tout ce que m'avait dit Magnus qu'il me fallait déjà
disposer mes troupes. Ma ligne était assez hétéroclite mais
plutôt correcte. Sur l'aile droite, à l'extrémité de ma ligne de
front, Kezber La Lance et Zerkûnn Le Marteau-Piston, les deux
thermo-prêtres, se préparaient à se ruer en avant, soutenus par un
Familier Mécanique. En-deçà, plus
proches de moi, se trouvait l'Unité Casse-Montagne, trois Bougres,
marteaux et boucliers solidement tenus, ainsi que trois guerriers khors
avec leurs boucliers, et un des frères Ghiris, Arân à l'armure dorée,
qui tenait fièrement son épée khor à deux mains... Magnus et Bal-Torg
se trouvaient également là, en seconde ligne, prêts à invoquer la
puissance de leurs arcanes. En face, la ligne des morts-vivants était plus ramassée que la nôtre, mais il était facile d'y reconnaître les terribles silhouettes des serviteurs d'Achéron. Il y avait là Azaël et deux questeurs, un centaure lourd, Chagall l'Affamé, six zombies dont trois en armure, six squelettes en armure, deux wolfens zombifiés par les Ténèbres, trois goules, une dizaine de pantins morbides et Melmoth... Je
ne me souviens plus exactement qui parmi nous chargea en premier, mais les
premières manœuvres furent assez primaires, nos deux lignes se ruant
l'une sur l'autre. Sous le chêne torve, squelettes et Bougres commandés par Pilgrim firent jonction, et le combat commença. Le front fut rapidement percé par un wolfen zombie qui bouscula Urak-An le Garde-Forge pour se ruer sur les arbalétriers, dont les tirs précis avaient amoché le centaure et le wolfen zombie lui-même (ce qui n'a pas incommodé ce dernier très longtemps, en raison de ses facultés de régénération). L'un des arbalétriers s'enfuit lâchement devant la charge du monstre, et quitta le champ de bataille séance tenante. Un autre arbalétrier soutint l'assaut à sa place. Au centre,
Bâl-Torg lança une fiole par-dessus la statue - son fameux Concentré de
Fracas... Un questeur fut touché par l'explosion qui s'ensuivit, mais
rien de très convaincant. Magnus, quand à lui, avait invoqué un
familier de la terre qu'il envoya soutenir l'aile droite, pendant qu'il
invoquait la Catalyse Khor sur mon arme, qui, comme en réponse, se mit à
briller, et se fit plus légère, plus maniable, légèrement vibrante,
comme douée d'une vie propre. J'atteignis ma
cible au thorax et à la tête simultanément : le wolfen zombie
s'écroula... Je pense qu'il avait été surpris par la rapidité de mon
épée khor, et n'avait guère put qu'esquisser un vague geste de défense
peu convaincant. Au centre, Bâl-Torg continuait à projeter ses liquides explosifs et Magnus avait tenté un Arc de Mana peu convaincant. Sur la droite, la situation était verrouillée, ni Chagall ni les thermo-prêtres n'arrivant à prendre l'avantage, au milieu de plusieurs combats où Khors et Bougres faisaient de leur mieux contre les zombies, sans résultat probant là non plus. Et pendant ce temps, inexorablement, les questeurs continuaient à alimenter la Sinistre. C'est
sur un Concentré de Fracas particulièrement détonant que la situation
se débloqua. Bal-Torg, fatigué d'effleurer seulement les Questeurs,
décida de prêter main-forte à Pilgrim en nettoyant son front, quitte à
le toucher lui-même dans l'opération. Magnus se fit surprendre par le deuxième wolfen zombie qui avait sauté par-dessus la barrière. Un combat rapide s'ensuivit, Magnus avec son Glaive d'Alphax Majeur et ses deux pommeaux magiques étant rejoint par un des khors avec bouclier en soutien et un Bougre avec marteau. Le deuxième wolfen zombie, le crâne fracassé, comprit trop tard (si tant est qu'un truc comme ça puisse comprendre quoi que ce soit) que Magnus le Mystique est presque aussi redoutable qu'un Lothan au contact, vapeur mise à part... A ce moment, la Sinistre se mit à bouger. Des relents méphitiques nous parvinrent, tandis que des gémissements s'élevaient du sol. Une brume fantômatique estompa l'horizon... Transis d'horreur par la vision du Grand Crâne descendant de son piédestal, nous crûmes perdre pied. Le Grand Crâne contempla le champ de bataille et vit ce qui pour lui représentait la menace la plus immédiate : les deux arbalétriers qui armaient leurs carreaux en hâte, la peur au fond des yeux, mais déterminés à mourir glorieusement. Le
Grand Crâne chargea l'un d'eux, qui venait de se placer plus à droite
pour mieux le viser. Le malheureux trébucha et lâcha son carreau au
hasard. Il eut quand même la présence d'esprit de jeter son arme pour
tirer son couteau. Le Grand Crâne s'arrêta un instant pour le contempler
dans sa terreur et sa faiblesse. Mais l'arbalétrier, dont le nom s'est
perdu dans ma mémoire (indigne que je suis!) se releva soudain et plongea
sa lame dans le "ventre" du Grand Crâne. L'exploit était de
taille pour un arbalétrier terrorisé, et la vue de cet acte nous rendit
à tous courage. Lorsque
Bal-Torg projeta sur le Grand Crâne un Concentré de Fracas qui projeta
celui-ci au sol, durement touché, nous comprîmes que notre situation
était difficile mais pas désespérée. Malgré l'entrée des Questeurs
dans le combat, les troupes d'Achéron étaient pour moitié détruites,
ou peu s'en faut, et même si la destruction du Grand Crâne ne nous
paraissait pas possible dans l'instant, nous savions pouvoir retraiter en
bon ordre afin d'attendre Tan-Kaïr et les renforts de Fom-Nur ; ce que
nous fîmes séance tenante. Pour autant, le terrain est resté aux Morts-vivants, mais nous n'avions que quatre morts à déplorer." |